L’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence « Ebuteli » a clôturé, mercredi 24 septembre, sa conférence organisée sous le thème : « interruption volontaire de la grossesse (IVG) en RDC, entre interdiction nationale et engagements régionaux (protocole de Maputo) ».
Le choix du thème, d’après les organisateurs, est fait dans un contexte particulièrement sensible, où l’avortement reste pénalisé par la législation congolaise.

Pour cette deuxième journée, c’est la sénatrice Vicky Katumwa qui a réfléchi ensemble avec l’assistance sur cette question qui suscite une ferme opposition au sein de la société congolaise. Par ailleurs, elle a promis d’accompagner les conclusions issues de ces travaux préparatoires au sénat. La députée nationale Christelle Vuanga se chargera ainsi de l’assemblée nationale.
« Les traités internationaux signés et ratifiés sont au-dessus de nos lois », a-t-elle souligné dès sa prise de parole sur la question. Toutefois, elle reconnaît que « la République Démocratique du Congo a un arsenal juridique très riche, mais c’est la mise en œuvre qui pose problème ».
« Mettre au monde », dit-elle, devra être une question de bon vouloir.
« Il est important de mettre au monde des enfants lorsqu’on le désire. Il faut également permettre à un couple d’avorter lorsque la grossesse n’est pas désirée. Il faut permettre à cette femme violée d’avorter si elle le souhaite. Nous voulons que l’avortement soit accepté comme dans le protocole de Maputo. Si elle passe, elle sera applicable à tous. Il y a celles qui avortent clandestinement et cela cause des décès malheureusement. Moi et Mme Christelle Vuanga allons voir dans quelle mesure vous accompagner davantage dans ce travail », a-t-elle déclaré.
En outre, cette sénatrice n’exclut pas la possibilité de sensibiliser la société sur cette question qui demeure un tabou pour beaucoup.
« Nous encadrerons par rapport à ce que nous faisons ici comme travail. La loi est dure mais c’est la loi. Nous allons, malgré cela, éduquer nos enfants, leur parler de la sexualité. Nous attendons que le travail soit finalisé ici. Nous saurons comment défendre cette proposition de loi, mais nous attendons que le schéma vienne d’ici avant de l’apporter à l’assemblée nationale », a-t-elle promis.
Les résultats des travaux préparatoires des groupes

Au total 3 groupes ont été formés pour analyser le sujet sous examen. En effet, les groupes préconisent la campagne de sensibilisation auprès du personnel soignant pour un avortement sécurisé. L’autre aspect des choses est l’idée d’associer la politique pour des réformes quant à ce. Ils souhaitent également que l’État congolais puisse propulser les services de l’IVG partout à travers son territoire.

En même temps, le Gouvernement a été appelé à subventionner les services de l’IVG pour les rendre accessibles à tous et la sensibilisation des enfants selon les tranches d’âge. Le protocole de Maputo devra aussi, d’après les propositions faites, vulgariser via différentes plateformes d’informations. Il faudra en outre mettre en évidence les femmes victimes d’avortement afin de prévenir les autres.
Une fois ces travaux achevés, toutes ces initiatives se substitueront plus tard aux propositions de loi. La sénatrice Vicky Katumwa et la députée nationale Christelle Vuanga se portent ainsi garantes de les défendre devant leurs collègues, respectivement du sénat et de l’assemblée nationale.
Guillaume MAVUDILA