La 4è édition du débat africain de l’intelligence économique a été marquée par des propositions faites, jeudi 25 septembre au Sultani Hôtel, par le professeur Dominique Wetshondo, le tchadien Narcisse Ndjimbaye et l’ex Ministre algérien de l’industrie, Mohamed Bacha, sur le sous thème « mine-hydrocarbure : quelle perspective pour la RDC ».
Le secrétaire général de l’Institut africain de la réflexion stratégique, Stéphane Mortier, était à la modération de ce panel. Les trois (3) experts ont proposé au gouvernement d’orienter les bénéfices tirés des hydrocarbures vers d’autres secteurs vitaux de la RDC.
« La République Démocratique du Congo est un scandale géologique. La RDC a un patrimoine hydrocarbure important », a dit le professeur Dominique Wetshondo lors de son intervention.
Fort malheureusement, cet enseignant de l’UNIKIN déplore un taux de production très faible par rapport à d’autres nations en compétition.
« La RDC produit 20.000 bbl/jour. La production du bassin côtier varie trop peu depuis plusieurs années. C’est ici la nécessité de diversifier l’économie pour le lendemain », prévient-il . Chef de division au ministère des hydrocarbures de son état, il estime que c’est de cette manière que l’on peut « répondre aux besoins de la population de manière égalitaire et sans compromettre les chances des générations futures ».
Au premier plan, Dominique Wetshondo évoque des actions principales pour la diversification de l’économie à travers les hydrocarbures. Il s’agit de la relance de l’exploitation à travers la venue des investisseurs, la reprise du processus d’appel d’offres et l’augmentation de la production.
Toutefois, il cite d’autres éléments complémentaires pouvant aussi contribuer à l’amélioration de la chaîne de valeurs et dans une perspective de développement durable.
« La RDC peut mettre en place une banque des données pétrolières, réhabiliter et moderniser les installations de la SOCIR, créer des centres d’innovation technologique en génie pétrolier et gazier. Partant des hydrocarbures, nous pouvons aussi créer le fonds pour les générations à venir. C’est-à-dire, ramener le fonds récolté des hydrocarbures et ensuite créer une institution financière comme une banque par exemple. Cette institution financière peut créer de l’argent pendant son fonctionnement, et cet argent peut être injecté dans d’autres secteurs vitaux du pays », a souligné ce professionnel de la craie blanche devant l’assemblée.
Narcisse Ndjimbaye martèle sur la volonté
Conseiller juridique du Ministre du Pétrole du Tchad, Narcisse Ndjimbaye table sur la volonté. Il espère que cet aspect peut apporter des changements visibles dans le secteur des hydrocarbures en Afrique.
« La diversification de l’économie à partir des hydrocarbures est possible. Je suis convaincu que nous pouvons le faire. D’autres pays du monde l’ont fait, même l’Algérie ici en Afrique l’a fait. C’est une question de volonté. Les textes qui accompagnent ce secteur sont assez performants », dit-il.
Comme le professeur Dominique Wetshondo, celui-ci estime que l’exploitation des hydrocarbures doit servir de développement du pays et de sa population.
Il l’a fait savoir en ces termes : « les moyens financiers émanant des hydrocarbures peuvent construire des routes, des hôpitaux, des écoles et consorts. C’est cela la diversification économique que nous voulons ».
Mohamed Bacha fait appel à l’intelligence nationale
L’ex Ministre algérien de l’Industrie appelle les congolais notamment à une réflexion approfondie et collective. Se basant sur l’expérience propre de son pays, il souligne aussi l’importance de concevoir des projets à long terme.
« Les défis sont énormes pour la RDC, mais il faut capitaliser le cerveau humain, et donc l’intelligence de la nation en premier. Il est important de réfléchir collectivement, créer des forums des débats pour des solutions adaptées à tous. Mais enfin, il faut agir », conclut-il.
Le débat africain de l’intelligence économique est organisé chaque année par l’Institut africain de la réflexion stratégique. Le thème principal de cette année est : « stratégies de diversification économique pour booster la croissance en République Démocratique du Congo ».
Après le Maroc, Kinshasa a eu la chance d’accueillir deux éditions successives. Du jeudi 25 au 26 septembre de cette année, des experts venus de différents coins du monde débattent sur les enjeux stratégiques qui peuvent contribuer à la diversification et au développement économique de la RDC.
Guillaume MAVUDILA