Processus de Washington : la RDC prône le primat de la paix comme préalable à l’intégration économique régionale

Le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya, a éclairé l’opinion, mercredi 8 octobre 2025, lors d’un briefing presse à Kinshasa, sur le refus stratégique de son pays de signer l’accord économique à Washington avec le Rwanda, sans le retrait au préalable des troupes rwandaises de son territoire.

La condition congolaise reste « intransigeante et cohérente », dit le ministre Patrick Muyaya, qui précise que la démarche du Président Félix Tshisekedi et son Gouvernement est de parler de l’économie ou du développement que « lorsque la paix sera restaurée de manière définitive et durable dans la partie Est du pays ».

Pour ce faire, Patrick Muyaya s’est appuyé sur les textes de l’accord qui soutiennent la position de la RDC dans ce cadre dit « économique d’intégration régionale » sous la méditation américaine. Cet exercice a suffit à lui seul pour neutraliser le venin rwandais dont l’objectif reste celui de propager de fausses informations contre la RDC.

« Le chapitre 3 de l’accord signé le 29 juin à Washington parle du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité : les parties travaillent ensemble avec les partenaires régionaux et internationaux pour promouvoir la stabilité, la sécurité et le développement dans la région, reconnaissant que la paix et la prospérité sont interdépendantes », a-t-il souligné, tout en démontrant comment la paix est placée en dénominateur commun dans ce document.

Bien plus, il est prévu dans cet accord le mécanisme conjoint de sécurité, permettant à la RDC et au Rwanda, avec l’observation des médiateurs, de traiter des questions liées à son application. En suite, un comité de surveillance donne un rôle plus actif au Gouvernement américain de suivre étroitement l’application de ce qui est prévu dans le mécanisme conjoint de sécurité.

Des réunions tenues récemment à Washington, explique Patrick Muyaya, ont permis non seulement d’avoir l’ordre opérationnel, mais aussi d’obtenir un calendrier par phase de ce que cet ordre opérationnel doit produire comme conséquences sur terrain. Toutes les clauses vont sans nul doute dans le sens de la recherche de la paix d’abord.

« Lorsqu’on parle de lever les mesures dites de défense, en réalité ça veut dire le retrait des troupes rwandaises, la cessation de tout soutien à ses supplétifs du M23, mais aussi la levée des munitions, notamment des missiles anti-aériens qu’il a exportés dans notre territoire. Donc, il faut considérer qu’avec la tenue à la fois de la réunion du mécanisme conjoint de vérification entre les deux parties et la tenue de la réunion du comité conjoint de surveillance, nous sommes avec l’ordre opérationnel pleinement engagé dans l’application de cet accord », a-t-il insisté.

Patrick Muyaya a en outre noté l’attente continuelle de la RDC pour l’application de l’ordre opérationnel mentionné dans le même document.

La paix comme gage de l’économie et du développement

La question de la paix, réitère le ministre de tutelle, reste toujours la condition sine qua non avant d’aborder les autres aspects de cet accord.

« Le chapitre 6 de l’accord parle du cadre de l’intégration économique. C’est le cadre qui doit nous permettre du fait que nous sommes les pays liés, de voir quels types d’activités économiques nous pouvons développer. Il est dit que les participants affirment leur engagement commun de la paix, la stabilité régionale et le développement économique durable », déclare Patrick Muyaya.

Le regret de la partie congolaise est en même temps de constater que depuis le 27 juin, le décor n’est toujours pas planté pour la paix voulue dans l’accord. Des efforts qui ont été consentis ainsi que l’avancement des travaux y relatifs semblent enfin anéantis. C’est donc cette triste situation qui a motivé le Président Félix Tshisekedi, à travers ses représentants, de ne pas signer cet accord tant que le Rwanda ne respectera pas les clauses signifiées dans ce cadre.

Par ailleurs, la RDC rejette toute idée d’évoquer les questions économiques ou de développement tant que les provinces du Kivu seront toujours caractérisées par la gouvernance par crime du régime rwandais et le M23. Toutefois, elle reste disposée à revenir sur la table de négociation lorsque les conditions d’un retour à la paix seront réunies selon les indications de l’accord.

Guillaume MAVUDILA

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