La Coalition pour la récupération des actifs miniers, pétroliers et forestiers du peuple congolais (CORAC) salue la suspension des activités de Congo Dongfang International Mining (CDM) à Lubumbashi dans le Haut-Katanga, décidée par le ministre des Mines Louis Watum après la rupture d’un bassin d’effluents pollués ayant provoqué un grave incident environnemental.
Dans un communiqué consulté jeudi 20 novembre par DosEco, cette plateforme dirigée par l’activiste Carbone Beni et Me Georges Kapiamba estime que « la souveraineté minière du Congo n’est pas négociable » et affirme que la protection des populations « prime sur toute considération commerciale ».
Dès lors, elle demande à cette société minière de mettre en place un plan de remédiation obligatoire comprenant la distribution d’eau potable, des soins de santé pour les riverains exposés, la neutralisation des zones contaminées ainsi qu’une indemnisation transparente des victimes. Elle appelle également à un audit environnemental indépendant, dont les résultats — eaux, sols, puits et risques sanitaires — devraient être rendus publics.
La coalition recommande par ailleurs la création d’un fonds local de remédiation financé par CDM et géré par une structure mixte associant État, société civile et communautés locales. Avant toute reprise des opérations, elle exige la reconstruction intégrale des infrastructures de sécurité — digues, bassins, systèmes d’alerte — ainsi que des garanties sur les conditions de travail, notamment l’interdiction du travail des enfants et la publication du registre santé et sécurité.
La CORAC plaide aussi pour un mécanisme communautaire de plainte accessible et protégé, ainsi que pour une assurance environnementale obligatoire couvrant les risques futurs. En cas de non-conformité, elle réclame la prolongation de la suspension des activités, voire le retrait définitif de la licence et des poursuites judiciaires en cas de récidive.
La CDM, filiale du groupe chinois Zhejiang Huayou Cobalt, traite du cuivre et du cobalt à Lubumbashi, dans des zones urbaines densément peuplées. La rupture d’un de ses bassins d’effluents acides a entraîné le déversement d’eaux toxiques dans plusieurs quartiers, dont Kassapa, Kamatete et Kamisepe, un incident qualifié de « négligence inacceptable » par la Corac.
DEL