En marge de l’entérinement de l’accord de paix de Washington par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la porte-parole du chef de l’État congolais, Tina Salama, a détaillé lors d’un briefing de presse animé mercredi 03 décembre par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, la portée politique, sécuritaire, économique et historique de ces accords.
Face aux journalistes, Tina Salama a assuré que ces engagements ne constituent ni un bradage des minerais congolais ni une transformation de la RDC en protectorat déguisé. Ils forment, selon elle, un « full package ».
« Cet accord n’est pas un bradage des minerais congolais, ce n’est pas la transformation de la République démocratique du Congo (RDC) en un protectorat déguisé ou en un partage du territoire. Ce n’est pas un accord “minerais contre la paix”, mais la sécurisation des ressources afin de priver la guerre de tout financement provenant des minerais », a-t-elle expliqué.
Évoquant les objectifs du texte, la porte-parole a souligné qu’il vise d’abord à mettre fin au cycle de violences dans l’Est du pays, qui perdure depuis trois décennies. Elle y voit également un moyen de rétablir l’intégrité territoriale, y compris dans les zones sous occupation rwandaise, et de relancer l’économie.
Elle a ajouté que l’accord entend permettre à la RDC de reprendre le contrôle de son territoire et de l’ensemble de ses ressources naturelles. « En troisième lieu, il s’agit de transformer les richesses congolaises pour qu’elles profitent désormais aux Congolais », a-t-elle déclaré, rappelant que pour le président Tshisekedi, la prospérité doit être « ressentie » par la population.
« Nous espérons qu’avec ces accords, nous pourrons mettre fin à ce cycle de violences dans l’Est du pays. Ces engagements constituent un paquet cohérent destiné à clore une guerre qui dure depuis 30 ans », a-t-elle conclu.
Pour le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, « à Washington, il est question de régler le problème avec le père (Kigali), puis d’aborder celui du fils (M23-AFC) ».
Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ainsi que plusieurs pays impliqués dans la médiation, séjournent déjà à Washington pour participer à la cérémonie d’entérinement de l’accord de paix signé le 27 juin 2025.
Selon Tina Salama, l’instauration d’une « paix vigilante » et la transformation locale des ressources congolaises figurent parmi les principaux effets politiques et économiques attendus de l’accord, a-t-elle indiqué lors d’un point de presse tenu mercredi à Washington.
Prince OKENDE