Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, réfute les propos tenus par Monseigneur Fulgence Muteba, archevêque métropolitain de Lubumbashi, dans son homélie prononcée le 24 décembre 2025 sur le prétendu bradage des minerais dans le cadre de l’accord économique signé avec les États-Unis d’Amérique.
Dans un message publié via son compte X vendredi 26 décembre, Patrick Muyaya affirme qu’il n’existe ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources, encore moins une quelconque forme de cession de souveraineté dans ce texte, comme l’a affirmé ce prélat catholique. Par contre, il a précisé que l’accord se limite à définir des principes de coopération visant un partenariat « gagnant-gagnant », dans un cadre jugé transparent par les autorités congolaises.
« Il n’existe ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources, ni le nom d’aucune mine, encore moins une quelconque forme de cession de souveraineté dans ce texte. L’Accord définit plutôt les principes qui vont permettre, de manière transparente, un win-win entre les deux parties. L’État congolais conserve l’intégralité de son pouvoir, y compris le droit de refuser toute proposition jugée contraire à l’intérêt national. Affirmer le contraire, malgré la publication le jour même de la signature du texte et un briefing en direct, ressemble bien à une manipulation », a-t-il déclaré.
Ce membre du gouvernement va plus loin pour demander à ce prélat catholique de renoncer au mensonge. Patrick Muyaya a par ailleurs regretté que l’homélie prononcée à l’occasion de la messe de Noël n’ait pas, selon lui, accordé une place suffisante à la dénonciation de l’insécurité persistante dans l’Est du pays. Il a évoqué les violences attribuées aux groupes armés soutenus par le Rwanda, ainsi que leurs conséquences humanitaires, notamment le déplacement de plus de 500 000 personnes après les attaques survenues à Uvira.
Le porte-parole du gouvernement a également mis en évidence l’accroissement des exportations rwandaises de coltan, en hausse de 213 % entre janvier et juin 2025, qu’il attribue à l’exploitation illicite de certains sites miniers congolais, notamment à Rubaya.
De son côté, Monseigneur Fulgence Muteba avait dénoncé, dans son homélie, ce qu’il considère comme un déséquilibre géostratégique dans l’accord de Washington, estimant qu’il s’apparente à une nouvelle forme de colonialisme économique. Il a mis en garde contre toute hypothèse de mise en gage des ressources minières du pays au détriment des générations futures et a alerté sur les risques liés à la compétition internationale autour des minerais stratégiques, dans le contexte de la transition énergétique.
Le prélat catholique a enfin souligné la nécessité, selon lui, d’une gestion prudente et souveraine des ressources naturelles de la RDC, afin qu’elles bénéficient prioritairement à la population congolaise et contribuent au développement durable du pays.
Dostin Eugène LUANGE