Signé le 4 décembre 2025 entre le gouvernement congolais et les États-Unis d’Amérique, l’Accord de partenariat stratégique avec Washington continue de susciter débats et interrogations au sein de l’opinion publique, notamment autour d’un supposé bradage des minerais stratégiques de la République démocratique du Congo.
Face à ces préoccupations, le vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont apporté mardi 30 décembre, des éclaircissements lors d’un briefing presse organisé à la RTNC.
D’emblée, Daniel Mukoko Samba, l’un des signataires de l’Accord de Washington, a laissé entendre que ce partenariat ne saurait être assimilé à un deal mettant en péril les intérêts nationaux. « L’Accord de partenariat stratégique avec Washington n’est ni un contrat ni un marché commercial. Il s’agit d’un cadre légal de collaboration entre deux États souverains », a-t-il précisé, tout en insistant sur la portée stratégique et institutionnelle du document.
En effet, le partenariat repose sur quatre axes majeurs : la coopération économique et commerciale, la coopération en matière de sécurité et de défense, la coopération scientifique, technologique et éducative, ainsi que la coopération institutionnelle axée sur la gouvernance. Il s’agit là d’une architecture pensée pour structurer des relations de long terme entre Kinshasa et Washington.
Deux documents distincts
Selon le VPM à l’Économie, « deux documents ont été signés ». Le premier concerne l’accord de partenariat stratégique, paraphé par Daniel Mukoko Samba et le Secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le second est un mémorandum d’entente portant sur les questions de sécurité, signé côté congolais par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères.
« Il s’agit de deux documents qui ont été signés entre la RDC et les États-Unis. Le premier, c’est l’accord de partenariat stratégique signé du côté américain par le Secrétaire d’État Rubio et du côté congolais par le VPM de l’Économie. Le deuxième document est un mémorandum d’entente sur des questions de sécurité, signé par le Secrétaire d’État Rubio et, du côté congolais, par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères. L’Accord de Washington est un document technique qui pose le cadre général dans lequel les deux pays vont collaborer dans un certain nombre de domaines : économie, gouvernance, éducation, sciences et technologies », a-t-il clarifié.

Ce membre du gouvernement est également revenu sur l’évolution des relations bilatérales entre les deux pays. « Notre pays a rejoint le club très restreint des pays africains auxquels le gouvernement américain a reconnu le statut de partenaires stratégiques. Parmi ces pays figurent le Kenya, le Maroc et l’Égypte », a déclaré Daniel Mukoko Samba.
Dans ce cadre, la RDC et les États-Unis ont convenu d’explorer plusieurs domaines de collaboration. « Le texte qui a été signé n’est pas un deal ou un contrat. Il pose le cadre d’une coopération renforcée dans les domaines économique et commercial, entre autres. Il comporte 18 articles et deux annexes. La première définit les termes, tandis que la seconde fixe les critères d’éligibilité d’une certaine catégorie de projets », a-t-il expliqué.
Évoquant les intérêts convergents des deux parties, le VPM à l’Économie a souligné que « la partie américaine a besoin d’un accès aux métaux critiques, tandis que la RDC a besoin de sécurité ». « Une partie de notre pays vit, depuis plus de trente ans, dans une situation d’insécurité récurrente et de fragilité qui freine son développement. Nous avons intérêt à avoir un partenaire capable de renforcer la sécurité et la paix en RDC et dans la région », a-t-il ajouté.
Un mécanisme de suivi conjoint
L’accord prévoit la mise en place d’un comité conjoint de pilotage composé de cinq représentants de chaque partie, coprésidé par le Département d’État américain et le Vice-Premier ministre congolais de l’Économie. « Ce comité est le cœur du dispositif de gestion et de suivi de l’accord », a souligné Daniel Mukoko Samba, précisant que le texte pourra être révisé tous les trois ans.
Outre ce comité, un Forum de coopération bilatérale devra être organisé tous les deux ans. L’accord intègre également des mécanismes de préavis en cas de retrait, avec un délai de cinq ans. « Nous souhaitons évoluer progressivement d’un mémorandum d’entente vers un cadre de coopération militaire plus structuré, selon un calendrier qui sera défini au fil du temps », a précisé le VPM, tout en rappelant que l’accent demeure mis sur la coopération économique, commerciale et institutionnelle en matière de gouvernance.

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a exhorté l’opinion publique à la vigilance face aux discours de manipulation. « Chaque Congolais doit faire preuve de discernement pour ne pas céder au venin de la désinformation », a-t-il déclaré, appelant à une appropriation collective des efforts de paix engagés sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, et portés par le gouvernement Suminwa.
Dostin Eugène LUANGE