Dans son rapport annuel 2025 intitulé Cap sur la croissance en période d’incertitude, le Fonds monétaire international (FMI) exhorte ses pays membres, en particulier ceux confrontés à des difficultés économiques persistantes, à renforcer la stabilité macroéconomique et financière, tout en assurant la viabilité de leur dette et en corrigeant les déséquilibres entre économies.
Selon la directrice générale de cette institution de Bretton Woods, Kristalina Georgieva, l’atteinte de ces objectifs requiert la mise en œuvre de mesures urgentes et d’envergure, dans un contexte mondial marqué par une forte incertitude et des vulnérabilités accrues.
Elle pense que l’action doit d’abord être menée au niveau national, chaque pays étant appelé à assainir ses fondamentaux économiques. À cet effet, les autorités publiques sont invitées à stimuler la productivité, à renforcer la croissance intérieure, à reconstituer des marges de manœuvre budgétaires en vue de financer des investissements essentiels, tout en se préparant à d’éventuels chocs futurs. Ces efforts devraient, selon elle, contribuer à consolider la stabilité financière et à renforcer la résilience des économies.
Ci-dessous l’intégralité de son discours y afférent :
Depuis 12 mois, l’économie mondiale est en pleine mutation. De profonds changements sont à l’œuvre, du passage au numérique à l’intelligence artificielle, en passant par les transitions démographiques. En outre, les politiques économiques connaissent des transformations majeures de nature à reconfigurer les échanges commerciaux et les flux de capitaux au niveau mondial.
Si l’économie mondiale a bien résisté aux chocs qui se sont succédé ces dernières années, les perspectives restent moroses. La prévision de croissance mondiale à cinq ans s’établit à environ 3 %, bien en deçà de l’expansion moyenne d’après-guerre de 3,7 %. Nous continuons de faire face à des perspectives de croissance faible et d’endettement élevé.
Dans ce contexte, les pays membres du FMI traversent des difficultés considérables. Ils doivent notamment préserver la stabilité macroéconomique et financière tout en assurant la viabilité de la dette, remédier aux déséquilibres entre pays et améliorer les perspectives de croissance.
La réalisation de ces objectifs exige des mesures urgentes et de grande envergure. Les pouvoirs publics doivent intervenir en premier lieu au niveau national, et il incombe à chaque pays de mettre ses affaires en ordre. Les autorités nationales peuvent stimuler la productivité et renforcer la croissance intérieure, rétablir les marges de manœuvre budgétaires nécessaires à des investissements indispensables, et se préparer à d’éventuels futurs chocs, renforcer la stabilité financière et accroître leur résilience.
À l’échelle internationale, les pays doivent rechercher des solutions concertées à leurs défis économiques communs.
Dans un paysage économique en pleine mutation, le FMI continuera de soutenir ses pays membres. Il s’adaptera, si nécessaire, pour aider les pays à traverser cette période difficile et à remédier aux déséquilibres dont ils pâtissent.
Le FMI se trouve en position de force pour apporter son concours à ses pays membres. Non seulement il continue d’afficher un bilan solide, mais il a également dépassé son objectif s’agissant des réserves de précaution, le « matelas financier » de l’institution.
Au cours de l’année écoulée, notre conseil d’administration a pris d’importantes décisions pour garantir que le FMI demeure un partenaire solide et réactif. Il a notamment été décidé de maintenir des limites d’accès élevées afin d’apporter une aide financière suffisante aux pays soumis à des chocs persistants — mesure introduite pour la première fois à l’occasion de la pandémie de COVID-19.
Nous avons réformé des aspects essentiels du fonctionnement du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, afin d’être mieux à même de venir en aide aux pays les plus vulnérables tout en assurant l’autosuffisance de ce fonds.
Nous sommes déterminés à faire preuve de responsabilité budgétaire. Dans ce cadre, nous avons également actualisé notre politique relative aux commissions et aux commissions additionnelles. D’après nos estimations, cette modification réduira les coûts d’emprunt de nos pays membres de 1,2 milliard de dollars par an, tout en préservant la capacité du FMI à consolider encore davantage ses propres réserves financières. Ces mesures témoignent de notre détermination à agir au service de l’ensemble de nos pays membres, en nous montrant accommodants, responsables et équitables.
Les temps changent, mais notre principale mission reste la même : contribuer à créer les conditions de la robustesse et de la stabilité macroéconomiques en favorisant une croissance et des emplois durables, tout en assurant la stabilité des prix et du système financier.
Les changements à l’œuvre compliquent l’action des pouvoirs publics, mais les difficultés qu’ils entraînent sont également porteuses de nouvelles possibilités. À nous de saisir cette occasion. À condition que de bonnes mesures de politique économique soient prises, un monde plus équilibré, plus durable et plus prospère est à portée de main.
KRISTALINA GEORGIEVA
Directrice générale