Le ministre de la Justice Guillaume Ngefa affirme avoir renforcé la lutte contre la corruption, la spoliation des biens publics et privés ainsi que les atteintes à l’État de droit au cours de l’année 2025. En effet, 324 magistrats ont été suspendus pour des faits de corruption ou de spoliation, tandis qu’un avocat inscrit au barreau de la Gombe a été radié pour avoir illégalement dépossédé une mère de famille de son habitation.
Ces annonces ont été faites lors d’un briefing spécial tenu jeudi 8 janvier, conjointement avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Guillaume Ngefa a mis en évidence les réformes engagées depuis sa prise de fonctions, qu’il inscrit dans une approche qu’il qualifie de « proximité avec la population ».
« Depuis ma prise de fonctions, j’ai imposé une méthode claire. D’abord, une concertation interinstitutionnelle, parce que c’est important lorsque vous êtes dans le secteur de la justice. Vous devez aussi avoir cette concertation interinstitutionnelle et également interministérielle, car dans le cadre de la solidarité gouvernementale, j’ai régulièrement des réunions sur les aspects qui concernent la justice avec mes collègues. Je m’étais dit que j’étais le ministre de proximité. Donc, il fallait être en proximité avec les populations, car nous sommes redevables devant elles et aussi vis-à-vis de l’administration (…). Sur le plan disciplinaire, plusieurs dénonciations émanant de justiciables et d’avocats ont été traitées. Nous avons reçu 324 dossiers ouverts à charge des magistrats, dont certains ont été condamnés à des peines disciplinaires et d’autres condamnés au pénal. », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué des échanges avec les bâtonniers afin de sanctionner les avocats impliqués dans des réseaux criminels. Guillaume Ngefa a par ailleurs affirmé avoir pris une dizaine « d’injonctions emblématiques », adressées aussi bien aux juridictions civiles que militaires, visant la poursuite des auteurs de crimes, y compris parmi des personnalités longtemps perçues comme intouchables.

Sur le plan carcéral, ce membre du gouvernement a fait état d’un tri rigoureux dans l’examen des demandes de liberté provisoire : sur 800 requêtes introduites, seules 270 ont été jugées recevables. Une approche qu’il présente comme fondée sur « la justice et le bon sens ».
Dans le cadre du renforcement de l’appareil judiciaire, le ministère de la Justice indique avoir formé et déployé 100 officiers de police judiciaire à travers le pays. Leur mission consiste notamment à garantir la légalité, la crédibilité et l’authenticité des actes et documents délivrés par l’administration judiciaire.
Concernant la lutte contre le banditisme urbain, notamment le phénomène des « Kuluna », Guillaume Ngefa a plaidé pour une stratégie globale. Il a cité l’opération « Ndobo », qui aurait permis l’arrestation de près de 500 présumés bandits, actuellement jugés en audiences foraines depuis le 8 janvier.
Pour le ministre d’État, la réforme du secteur judiciaire est appelée à être « longue, lente et constante », mais indispensable pour restaurer la confiance des citoyens. Si les autorités mettent en avant des avancées notables, la consolidation d’un système judiciaire plus transparent et efficace reste toutefois un chantier de long terme en RDC.
Prince OKENDE