Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a invité la jeunesse congolaise à s’impliquer activement dans les processus diplomatiques en cours, notamment ceux de Doha et de Washington en appui aux institutions de la République. Il s’exprimait mardi 13 janvier 2026 lors du premier échange intergénérationnel 2026, organisé par l’ASBL Dialogue intergénérationnel au Centre Wallonie-Bruxelles.
Intervenant dans le second panel consacré au thème « Processus de Doha et de Washington : vers une paix durable ? Analyse des rapports de force et des acteurs clés », le porte-parole du gouvernement a rappelé les engagements du président Félix Tshisekedi et de son exécutif en faveur d’un retour durable de la paix dans l’Est de la RDC, condition essentielle, selon lui, au développement économique du pays.
S’inscrivant dans une logique de redevabilité publique, Patrick Muyaya a exhorté les jeunes à accompagner l’action de l’État. « Cette guerre d’agression n’est pas dirigée contre une personne ou un régime, mais contre l’ensemble des Congolais. Elle est imposée par le Rwanda pour soutenir son modèle économique », a-t-il déclaré appelant à faire de l’engagement citoyen un levier de stabilité à long terme.
Le ministre a également insisté sur le rôle structurant des institutions dans la gestion de l’État.
« On ne fait pas carrière dans la jeunesse. Les responsabilités s’exercent dans le temps et dans un cadre institutionnel organisé », a-t-il souligné. Dans la foulée, il a rappelé que les élections constituent le mécanisme légitime de délégation du pouvoir dans un État de droit.
Revenant sur les causes profondes de l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, Patrick Muyaya a évoqué un cycle de violences amorcé à la suite du génocide rwandais de 1994, dont les répercussions continuent de peser sur la stabilité régionale. Il a réaffirmé la position de Kinshasa, pointant la responsabilité du régime rwandais dans cette crise prolongée.

De son avis, depuis son accession au pouvoir, le président Tshisekedi a opté pour une approche diplomatique pragmatique, marquée par un rapprochement avec les pays voisins et une intégration régionale renforcée, notamment à travers l’adhésion de la RDC à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) en 2022.
« Le différend n’oppose pas les peuples congolais et rwandais, mais les autorités congolaises au régime rwandais », a-t-il précisé, évoquant la complexité d’un conflit entre deux États aux liens historiques et humains étroits. Sur le plan multilatéral, Patrick Muyaya a rappelé que l’enlisement des initiatives régionales avait précédé l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et encadre un dialogue politique formel.
C’est dans ce contexte qu’une rencontre entre les présidents congolais et rwandais s’est tenue le 18 mars dernier à Doha, sous la médiation du Qatar, une dynamique ensuite renforcée par l’implication des États-Unis et par des sanctions internationales ciblant Kigali. À Washington, les discussions ont porté à la fois sur un cadre régional de paix et sur un partenariat stratégique bilatéral.
« Nos lignes rouges ont été respectées. Aucun centimètre carré du territoire national ne sera cédé », a insisté le ministre, soulignant que la sécurité reste un préalable à toute intégration économique régionale viable. Patrick Muyaya a par ailleurs accusé le Rwanda de soutenir certains groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, affirmant que leurs avancées reposent également sur des complicités internes, tout en rejetant toute accusation de discours de haine. Concernant le processus de Doha, il a indiqué qu’une déclaration de principes avait déjà été signée et que huit axes prioritaires avaient été identifiés, parmi lesquels le cessez-le-feu et les échanges de prisonniers.
Ce panel a également réuni le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le secrétaire exécutif d’Ebuteli, Freud Bauma, ainsi que le directeur général de Glorhis Multiservices SARL, Don Mbuyi. La jeunesse congolaise y était représentée, notamment par le président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi.
Prince OKENDE