L’ancien ambassadeur itinérant du président de la République, Claude Ibalanky Ekolomba, s’est montré très critique à l’égard des projections budgétaires du vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, qui prévoit d’allouer 5 milliards USD à la défense et à la sécurité nationale sur la période 2026-2030.
Dans un message parvenu mardi 13 janvier à DosEco, ce diplomate de carrière estime que cet effort financier, s’il reste centré sur l’option militaire, ne permettra pas de résoudre les problèmes structurels de gouvernance auxquels la République démocratique du Congo est confrontée. De son avis, « l’investissement dans la paix doit être supérieur à l’investissement dans la guerre ».
Cela étant, Claude Ibalanky plaide pour une approche alternative, fondée sur un dialogue national sincère, crédible et inclusif, ainsi que sur une restauration, voire une refondation systémique et institutionnelle de l’État. À ses yeux, la paix ne peut être le fruit d’actions improvisées ou exclusivement sécuritaires.
« J’ai appris, du VPM Budget Adolphe Muzito, que le Gouvernement aurait investi 5 milliards USD dans la guerre. Erreur. Erreur sur erreur. Catastrophe. Cela ne peut que reproduire la pauvreté. Et combien de vies allons-nous encore perdre avec ces milliards ? », s’interroge-t-il, évoquant également le coût humain, matériel et institutionnel des conflits armés.
Pour l’ancien ambassadeur, la paix « se conçoit, se construit, s’entretient et se défend » à travers des institutions solides et une gouvernance responsable. Il invite, dans ce contexte, les décideurs à tirer les leçons du passé afin d’éviter une aggravation des fragilités actuelles.
Cette prise de position intervient alors qu’Adolphe Muzito, dans sa 36ᵉ tribune publiée le 24 décembre à Kinshasa, a classé la défense et la sécurité parmi les trois priorités structurelles du pays pour les cinq prochaines années, aux côtés du social et des infrastructures. Le ministre du Budget justifie cette orientation par la persistance de l’insécurité dans l’est du pays, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, où les affrontements se sont intensifiés depuis 2021.
Dans ses perspectives pour la période 2026-2030, Adolphe Muzito souligne que le renforcement des capacités militaires devra accompagner les initiatives diplomatiques visant la paix avec les pays voisins. Il estime que la consolidation de l’armée et la protection du territoire national doivent être menées de manière parallèle aux efforts diplomatiques.