Les représentants des employeurs ont fait part de leurs difficultés à appliquer le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) porté à 21 500 francs congolais à compter de janvier 2026. Cette position a été exprimée jeudi 15 janvier 2026, lors d’une séance de travail présidée par la Première ministre Judith Suminwa à la Primature.
Selon la Primature, la rencontre était consacrée au suivi de l’application du SMIG, réajusté à 14 500 FC depuis juin 2025, conformément au décret signé le 30 mai 2025, et appelé à connaître une nouvelle hausse en janvier prochain. Elle intervenait six mois après l’entrée en vigueur du texte, dans un contexte marqué par des divergences persistantes entre partenaires sociaux.
Outre la Cheffe du Gouvernement, la réunion a réuni le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, les ministres de l’Emploi et du Travail, du Portefeuille ainsi que de la Communication et Médias, aux côtés des représentants de l’Intersyndicale nationale et du patronat. À l’ordre du jour figuraient l’évaluation du niveau d’application du SMIG actuel et les perspectives de concertation en vue de la mise en œuvre du relèvement à 21 500 FC.

Plusieurs employeurs ont indiqué ne pas être en mesure de supporter, à court terme, cette augmentation, évoquant notamment les contraintes économiques pesant sur les entreprises. Une position rejetée par la Première ministre, qui a réaffirmé la détermination du Gouvernement à ne pas remettre en cause ce qu’il considère comme un acquis social majeur. Les représentants des travailleurs ont salué cette fermeté, estimant que la réforme du SMIG constitue une avancée significative pour l’amélioration du pouvoir d’achat.
Resté inchangé depuis 2007 à 7 075 FC, le SMIG avait perdu de sa pertinence face à l’augmentation du coût de la vie. Le Gouvernement Suminwa l’a porté à 14 500 FC, avec une projection à 21 500 FC dès janvier 2026, dans l’objectif de renforcer la rémunération minimale des travailleurs. Cette réforme s’inscrit dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2024-2028, notamment son pilier relatif à la promotion des emplois décents et à la protection du pouvoir d’achat, ainsi que dans l’option de privilégier le dialogue social comme levier de stabilité économique et sociale.
Afin de rapprocher les positions, la Première ministre a encouragé la convocation prochaine du Conseil national du travail (CNT), cadre légal de concertation entre l’État, les employeurs et les travailleurs. Selon le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, cette instance devra permettre d’examiner les points de blocage et de préserver la paix sociale.

De son côté, le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, a rappelé l’existence d’une commission de suivi du SMIG, chargée d’évaluer l’effectivité de son application et de formuler des recommandations qui seront soumises au CNT pour d’éventuels ajustements.
Prince OKENDE