Le gouvernement congolais a annoncé la mise en œuvre d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs, dans l’est du pays. Ce dispositif combine des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires coordonnées, avec pour objectif de rétablir durablement la sécurité, protéger les populations civiles et favoriser la stabilisation sociale de la zone.
Dans un communiqué signé lundi 19 janvier par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, l’exécutif précise que cette décision fait suite au retrait forcé de l’armée rwandaise et de ses supplétifs de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira. Selon le gouvernement, ce retrait a été précédé d’actes « répétés et systématiques » de pillages, de vols à grande échelle, de désordre prémédité, ainsi que d’actions de stigmatisation communautaire ayant fragilisé la cohésion sociale et accru les risques pour les civils.
Les autorités congolaises estiment que ce retrait ne saurait être interprété comme un acte de bonne foi ni comme une volonté sincère d’apaisement. Elles soulignent qu’il s’agit d’un développement ponctuel qui ne marque ni la fin de l’agression ni une amélioration substantielle de la situation sécuritaire globale.
Pour Kinshasa, la seule issue acceptable reste le retrait total, effectif et sans condition des forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’ensemble du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, aux engagements de l’accord de Washington du 27 juin 2025 et au processus de Doha.
Sur le terrain, les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police nationale congolaise et les autres services de sécurité poursuivent leur redéploiement progressif et ordonné à Uvira et dans ses environs, afin de rétablir l’autorité de l’État, sécuriser les personnes et leurs biens, et contenir les conséquences du désordre laissé par les forces rwandaises et leurs alliés.
Le gouvernement dénonce par ailleurs la déportation de populations civiles, notamment des membres de la communauté banyamulenge, contraints de quitter Uvira. Ces actes, qualifiés d’inacceptables, constitueraient selon les autorités une tentative de justification de la présence rwandaise sur le sol congolais.
Enfin, l’exécutif appelle la population au calme, à la retenue et à la responsabilité, mettant en garde contre la manipulation, la désinformation et les discours de stigmatisation susceptibles d’exacerber les tensions. Il réaffirme que la paix durable ne peut résulter de retraits partiels, mais d’un processus menant à la cessation complète de toute présence étrangère et du soutien au M23.
Prince OKENDE