Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, est attendu aux États-Unis pour prendre part au National Prayer Breakfast, une rencontre annuelle organisée par les autorités américaines, a annoncé mardi la Présidence congolaise.
Cette invitation s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations diplomatiques et de coopération entre Kinshasa et Washington. Elle illustre également la place qu’occupe la RDC dans les échanges politiques et stratégiques avec les États-Unis, dans un contexte régional et international marqué par des enjeux sécuritaires, humanitaires et géoéconomiques majeurs.
En marge de cet événement, prévu en période hivernale, le chef de l’État congolais devrait tenir plusieurs rencontres bilatérales avec des responsables américains, notamment autour des questions de paix, de sécurité et de coopération économique entre les deux pays.
En sus de l’agenda officiel, le déplacement présidentiel s’inscrit aussi dans une dynamique économique stratégique. Selon un conseiller à la Présidence, cité par l’Agence congolaise de presse (ACP), « le véritable enjeu du voyage du président Tshisekedi réside dans une expo stratégique liée au projet Vault, évalué à 12 milliards de dollars ». Ce projet constitue, selon la même source, un plan d’urgence des États-Unis visant à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en minerais stratégiques tels que le cobalt, le lithium et le cuivre.
Dans ce cadre, 10 milliards USD de financements sous forme de prêts devraient être mobilisés par l’Exim Bank, partenaire clé de la RDC, pour soutenir la mise en œuvre du projet, selon un expert congolais. Lancé sous l’administration Trump, le projet Vault est présenté comme une réserve stratégique américaine. L’expo dédiée au projet est, quant à elle, conçue comme une plateforme de négociation et de signature de contrats.
Pour Kinshasa, l’initiative représente une opportunité de repositionnement stratégique. Elle vise à faire évoluer l’image de la RDC, de pays bénéficiaire de l’aide internationale vers celle d’un acteur industriel à part entière dans la chaîne de valeur des minerais critiques. L’objectif affiché est également de réduire le rôle des intermédiaires, les États-Unis souhaitant désormais s’approvisionner directement auprès de la RDC, dans une logique de reconnaissance de sa souveraineté économique.
Le projet s’articule par ailleurs avec le corridor de Lobito, qui prévoit la construction d’infrastructures ferroviaires reliant les zones minières congolaises à l’océan Atlantique. Cette orientation logistique entend diversifier les voies d’exportation des ressources minières de la RDC, traditionnellement orientées vers l’Est du pays, et redessiner les équilibres régionaux.
Pour Washington, dans le cadre du projet Vault, la RDC est appelée à devenir le partenaire minier central. Pour Kinshasa, l’enjeu est de faire en sorte que les revenus issus de l’exploitation des minerais stratégiques contribuent davantage au financement des infrastructures d’intérêt général, notamment dans les secteurs des transports, de l’éducation et de la santé, au service du mieux-être des populations congolaises.
Dostin Eugène LUANGE