Un Boeing 727-100 appartenant au Vice-Premier Ministre en charge des Transports Jean-Pierre Bemba a été officiellement saisi par les autorités aéroportuaires de Faro, au Portugal, où l’appareil était immobilisé depuis 2006.
Selon RFI, qui a révélé l’affaire, l’autorité aéronautique portugaise avait mis en demeure le ministre congolais de récupérer son aéronef dans un délai de 60 jours et de s’acquitter des frais de stationnement accumulés sur près de deux décennies, évalués à près d’un million d’euros. L’échéance étant désormais échue sans réaction de sa part, la saisie a été prononcée.
Une immobilisation née des poursuites devant la CPI
L’origine de cette situation remonte à 2008, lorsque le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), dans le cadre des poursuites engagées contre Jean-Pierre Bemba, avait sollicité le gel et la saisie de ses avoirs auprès de plusieurs États. L’avion, alors stationné à Faro, avait été immobilisé en exécution de cette demande.
L’appareil, décrit par RFI comme visiblement dégradé par les années, est resté cloué au sol bien au-delà des procédures judiciaires internationales. Son stationnement prolongé est devenu litigieux après l’adoption par le Portugal d’un décret-loi instaurant un régime spécifique pour les aéronefs abandonnés dans ses aéroports.
Bemba renvoie la responsabilité à la CPI
Contacté par RFI, Jean-Pierre Bemba n’a pas souhaité réagir publiquement. Son entourage soutient néanmoins que c’est la CPI qui est à l’origine de l’immobilisation, et qu’il lui appartient d’en assumer les conséquences financières, y compris la facture de stationnement. Ses proches font valoir que l’intéressé a été acquitté de l’ensemble des charges retenues contre lui par la CPI en 2018, rendant selon eux injustifiée toute mise à sa charge personnelle.
L’affaire intervient alors que Bemba occupe un poste ministériel sensible au sein du gouvernement congolais, en charge précisément du secteur de l’aviation civile et des transports.
Prince OKENDE