Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a tenu lundi à Kinshasa deux réunions techniques distinctes : l’une avec la Rawbank sur le financement des filières agricoles prioritaires, l’autre avec le fabricant de matelas Complast, qui demande des mesures de restriction temporaire sur les importations concurrentes.
La première réunion a réuni le ministre et Etienne-Claude Mabunda, directeur commercial de la Rawbank, autour du financement des filières cacao, café, riz, manioc, maïs et huile de palme dans six zones pilotes : Nord-Kivu, Tshopo, Kongo Central, Maï-Ndombe, Kwilu et Équateur.
Le mécanisme repose sur une enveloppe de 25 millions USD injectée par le Royaume-Uni pour dérisquer les crédits accordés aux producteurs locaux via la Rawbank. L’objectif affiché est d’accroître le volume des exportations congolaises vers le marché britannique et d’autres marchés déjà accessibles à la RDC.
Julien Paluku a plaidé pour un assouplissement des conditions d’accès au crédit, notamment des taux préférentiels et pour la conception d’un modèle adapté aux zones post-conflit de Beni, Butembo, Ituri et Tshopo. Une commission mixte d’experts, associant les ministères de l’Agriculture et du Développement rural, a été constituée pour opérationnaliser le dispositif.
Le directeur commercial de la Rawbank a indiqué que l’institution entend accompagner la RDC dans la conquête des marchés chinois, émirati, britannique et américain, ce dernier étant accessible dans le cadre de l’AGOA.
Matelas : Complast demande des mesures de sauvegarde dans le Katanga
La seconde réunion a porté sur la situation de Complast, société active dans la fabrication de matelas et de mousses en RDC depuis 1967. Son directeur général, Vishal Hemnani, a exposé la pression concurrentielle exercée par les importations dans le sud du pays.
Depuis ses usines de Lubumbashi, Complast dispose d’une capacité de production de 5 000 pièces de matelas par jour, pour une demande locale estimée à moins de 4 000 pièces dans les provinces du Lualaba, du Tanganyika et du Haut-Katanga. La société estime donc que l’offre locale est structurellement excédentaire par rapport aux besoins régionaux, ce qui rend la pression des importations particulièrement dommageable.

Une commission technique a été mise en place pour fournir au ministre des données complémentaires avant toute décision. Julien Paluku pourrait, sur cette base, décréter des mesures de restriction temporaire d’importation conformément aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces mesures s’inscrivent dans la politique gouvernementale de protection de l’emploi industriel local et de lutte contre la fuite des capitaux.