Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba a rencontré, le jeudi 5 février, une délégation de la société The Founding, basée aux Émirats arabes unis, venue présenter des projets de centres de données destinés à accompagner le développement des infrastructures numériques. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’attirer des investissements étrangers dans le secteur et de développer l’écosystème numérique national.
Selon Anand Madia, cofondateur et conseiller principal de The Founding, ces discussions ont permis de mieux cerner les attentes des autorités congolaises. Il a ajouté que « le ministre s’est montré réceptif et a suggéré la mise en place d’un comité ou d’une cellule de travail chargée d’échanger sur les différents projets à développer en RDC, d’identifier les projets connexes et de définir les spécifications techniques nécessaires à leur réalisation, avec l’accompagnement de son ministère ».
Dans le même cadre, le ministre a également reçu la société tunisienne Dirasset International, spécialisée dans les études d’urbanisme et l’aménagement du territoire, accompagnée du groupe Bayayi, présent notamment dans la distribution, l’agriculture, la logistique et l’assurance. Selon le ministère, les échanges ont porté sur les possibilités de collaboration autour de projets structurants susceptibles d’appuyer les politiques publiques en République démocratique du Congo, sans davantage de précisions sur le volet numérique.
Une multiplication des initiatives pour attirer les investisseurs
Dans le cadre de ses ambitions de transformation numérique, les autorités congolaises misent sur le renforcement des alliances stratégiques avec le secteur privé, tant national qu’international, afin de mutualiser les expertises et d’accélérer l’innovation. La RDC prévoit d’injecter 1,5 milliard de dollars dans la transformation digitale entre 2026 et 2030, en complément des financements déjà mobilisés auprès de partenaires internationaux.
En décembre dernier, lors de la Journée de réflexion sur le partenariat RDC–États-Unis, Augustin Kibassa Maliba avait insisté sur l’importance de partenariats innovants avec les entreprises américaines, notamment dans les domaines des infrastructures numériques, de l’innovation technologique, de la cybersécurité et du développement des compétences digitales.
En novembre, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a pour sa part reçu une délégation de la British International Investment (BII), venue s’informer des priorités du gouvernement congolais dans le secteur des télécommunications. À cette occasion, il avait mis en avant l’ampleur de la fracture numérique, avec 145 territoires non connectés, environ 4 000 km de fibre optique déployés pour un besoin estimé à 50 000 km, et 5150 tours télécoms contre au moins 30 000 nécessaires.
Au cours de l’année 2025, plusieurs annonces de partenariats visant à financer des projets numériques ont été faites. En octobre, la RDC a finalisé un accord de 150 millions de dollars avec la société United Investment LMT (UIL), basée à Maurice, pour déployer jusqu’à 80 000 km de fibre optique, installer un câble sous-marin et construire trois centres de données. En septembre, la société américaine Unity Development Fund a exprimé son intention d’investir dans le numérique congolais. En août, la Fidelity Bank du Nigeria a manifesté son intérêt pour le financement d’un projet de satellite télécoms national. En février, un accord d’un milliard de dollars avait également été signé avec la société indienne General Technologies.