Le gouvernement congolais s’attaque à ce qu’il considère comme une intrusion dans son espace numérique. La question de l’utilisation illégale de fréquences congolaises attribuée à MTN Rwanda a été au cœur d’une audience accordée mardi 10 février par la première ministre Judith Suminwa au ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu.
La rencontre s’est tenue en présence du président de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC) ainsi que des dirigeants des principaux opérateurs mobiles actifs en République démocratique du Congo (Airtel, Orange et Vodacom). Au sortir de l’audience, José Mpanda Kabangu a insisté sur la dimension stratégique et souveraine du dossier.
« Nous avons été reçus par la Première ministre au sujet de la question épineuse de l’occupation de notre territoire par une société rwandaise, MTN, qui commence à exercer dans notre pays en utilisant nos fréquences sans avoir d’autorisation », a déclaré le ministre.
A l’en croire, la réunion visait à permettre au gouvernement de disposer d’un éclairage technique et réglementaire, en associant le régulateur et les opérateurs concernés.
« Il fallait que nous venions avec le régulateur, le président de l’ARPTC, mais également les opérateurs concernés, notamment Airtel, Orange et Vodacom. Nous avons présenté la question et nous avons reçu de la Première ministre des orientations claires », a-t-il précisé.
Le ministre indique que Judith Suminwa Tuluka a privilégié une approche technique dans la gestion du dossier. « La question reste technique. Une communication technique se fera autour de la question et les instances politiques viendront après. Pour le moment, la Première ministre a donné des instructions précises pour que les techniciens, c’est-à-dire l’ARPTC, puissent communiquer et saisir les autres instances internationales », a-t-il expliqué.
Qualité des services : le gouvernement promet des améliorations
Les échanges ont également porté sur la qualité des services de télécommunications, un sujet régulièrement soulevé par les usagers, notamment dans certaines provinces. José Mpanda Kabangu a évoqué les préoccupations exprimées par la population de la Mongala lors du récent séjour de la Première ministre.
« Les problèmes de la qualité des services de télécommunications ont fait l’objet de plusieurs réunions avec le régulateur et les opérateurs. Les solutions idoines sont en cours. La connectivité des 145 territoires et la réduction de la fracture numérique restent une priorité », a-t-il affirmé.
Participation nationale : vers l’application effective des 5 %
La question de la participation des Congolais au capital des sociétés de télécommunications a aussi été examinée. Le ministre a indiqué que la Première ministre a réaffirmé la nécessité de mettre en œuvre la disposition légale imposant la détention de 5 % des parts sociales par des Congolais, conformément aux orientations du président Félix Tshisekedi.
« Les orientations ont été données pour assurer l’application effective de cette disposition. Le travail technique et administratif est déjà engagé », a-t-il conclu.
Ces discussions traduisent la volonté des autorités congolaises de renforcer la souveraineté numérique, d’améliorer la qualité des services et de consolider la participation nationale dans un secteur jugé stratégique.
Célestin KAZADI