Flavier Bwira, Directeur Général de Malia Agency, une entreprise d’automobiles de Lubumbashi, lance un cri de détresse au ministre de l’entrepreneuriat et des PME. Un message qui illustre le combat de tous jeunes entrepreneurs, soucieux de formaliser leurs activités, mais qui sont vite découragés par les charges qui s’en suivent.
Lettre au ministre de l’entrepreneuriat et des PME
Si j’avais l’occasion de rencontrer Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Entrepreneuriat et des PME, je parlerais ainsi au nom des jeunes entrepreneurs congolais :
Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Entrepreneuriat et des PME,
Permettez-moi de m’exprimer humblement au nom de nombreux jeunes entrepreneurs congolais.
Régulariser une activité en RDC constitue une étape indispensable. Toutefois, il faut reconnaître que cela représente souvent un véritable parcours pour un jeune porteur de projet issu d’un milieu modeste.
Beaucoup pensent que la procédure se limite au passage par le guichet unique pour obtenir un RCCM ou un ID NAT, avec des frais jugés accessibles. En réalité, ce n’est que le commencement.
Après l’immatriculation, d’autres exigences apparaissent rapidement.
Au niveau communal, il faut prévoir les autorisations d’exploitation, diverses taxes locales ainsi que des redevances administratives. Dans certains secteurs, notamment la restauration ou le transport des permis spécifiques et des contributions liées au chiffre d’affaires sont également exigés.
À cela s’ajoutent les obligations sociales et fiscales : cotisations CNSS, INPP, retenues salariales, impôts professionnels… sans oublier les inspections régulières et les formalités connexes.
Excellence, la réflexion ne vise pas à remettre en cause ces règles, qui structurent notre cadre légal. Elle consiste plutôt à mesurer leur impact dès le lancement d’une activité.
1️⃣Quel jeune entrepreneur débutant peut supporter immédiatement ce niveau de charges ?
2️⃣Combien sont pleinement conscients de ces responsabilités avant de se lancer ?
3️⃣Et quels bénéfices concrets perçoivent-ils à court terme ?
Soutenir l’entrepreneuriat ne signifie pas supprimer les normes, mais instaurer un équilibre permettant aux jeunes entreprises d’émerger, de se consolider, puis de se développer durablement. J’avais souligné ce point lors des consultations des jeunes à Lubumbashi initié par le Ministère de la Jeunesse et Éveil Patriotique en 2025.
Simplifier ce parcours serait un signal fort adressé à une génération prête à travailler, innover et contribuer activement à l’économie nationale.
Veuillez agréer, Excellence, l’expression de mon profond respect.