Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a dressé un tableau préoccupant de la situation socio-économique du pays, lundi 16 mars, à l’occasion de la rentrée parlementaire.
« Le chômage des jeunes, l’érosion du pouvoir d’achat, le retard dans la paie des fonctionnaires et agents de l’État, ainsi que l’accès limité aux services sociaux de base, traduisent les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés nos concitoyens », a-t-il déclaré, tout en pointant les tensions persistantes qui affectent le tissu social.
Nonobstant les efforts engagés par le gouvernement — notamment en matière de stabilisation du cadre macroéconomique, de consolidation des réserves de change et de régulation du marché des devises — l’ancien Premier ministre estime que la situation demeure « préoccupante ». Pour lui, ces fragilités structurelles appellent des réponses « durables, inclusives et de long terme ».
Dans ce contexte, le Sénat préconise la consolidation d’une croissance soutenue, adossée à trois leviers : la valorisation des opportunités liées à la demande mondiale en minerais stratégiques, la diversification effective de l’économie et l’accélération du développement des secteurs productifs, notamment l’agriculture, l’énergie et l’industrie locale.
Sur le plan budgétaire, Jean-Michel Sama Lukonde a insisté sur la pression croissante exercée par les impératifs sécuritaires sur les finances publiques. S’ils demeurent « légitimes », ces derniers imposent, selon lui, une gestion rigoureuse des ressources. « Chaque franc mobilisé doit être affecté avec responsabilité et discernement », a-t-il martelé, appelant à un arbitrage équilibré entre dépenses de sécurité et investissements sociaux structurants.
Dans la foulée de l’adoption de la loi de finances en cours d’exécution, la chambre haute recommande la soumission rapide d’un collectif budgétaire. Celui-ci est perçu comme un instrument clé, à la fois technique et stratégique, permettant d’ajuster les prévisions face aux chocs exogènes et de préserver la soutenabilité des finances publiques, dans un contexte international marqué par les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient.
Le président du Sénat a également insisté sur l’accélération de la mise en œuvre du budget-programme, une réforme jugée structurante pour la modernisation de la gestion publique. Fondée sur le principe de la déconcentration, celle-ci renforce la responsabilité des ordonnateurs tout en exigeant une redevabilité accrue dans l’exécution des dépenses.
In fine, le Plan National Stratégique de Développement (PNSD) a été réaffirmé comme le cadre de référence de l’action publique à moyen et long terme. Sa mise en œuvre « rigoureuse, cohérente et harmonisée » est, selon Sama Lukonde, un levier central pour impulser la transformation structurelle de l’économie congolaise.