En séjour dans la capitale du cuivre, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a lancé, mercredi 17 juin, la 21e édition de la DRC Mining Week, organisée par le Groupe VUKA à l’hôtel Pullman Grand Karavia de Lubumbashi.
Devant le gotha minier venu de plus de 50 pays, réunis autour du thème « La transformation de la RDC : d’acteur local à premier centre mondial pour les minéraux critiques », ce membre du gouvernement congolais a appelé à une plus grande participation des Congolais dans la richesse générée par l’exploitation de leurs ressources naturelles.
Dans son Keynote, il a confirmé avoir engagé des discussions avec les grandes compagnies minières sur la question de l’actionnariat congolais.
« En ce début d’année, j’ai demandé aux capitaines de l’industrie de se pencher sur la participation des Congolais au capital de leurs sociétés. J’annonce une discussion imminente pour aboutir à des résultats concrets. Les Congolais ne doivent pas être uniquement des travailleurs ou des sous-traitants de l’industrie minière. Ils doivent progressivement devenir des investisseurs, des actionnaires et des propriétaires de richesses », a déclaré Louis Watum Kabamba.
Pour cet expert, l’avenir du pays est tributaire de sa capacité à accroître la part des Congolais dans la valeur créée par le secteur minier. Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité de préparer dès maintenant l’après-mine.
« Nous devons construire dès aujourd’hui l’après-mine. Nous devons utiliser les revenus miniers pour développer l’agriculture, l’industrie, l’énergie, les infrastructures, l’éducation, la recherche et l’innovation. Nous devons faire en sorte que, lorsque les minerais auront été extraits, il demeure une économie solide, diversifiée et compétitive, au service des générations futures. »
Le ministre Louis Watum a également interpellé les structures chargées de gérer les fonds destinés au développement des communautés locales, les fonds dits « DOT », en les invitant à concevoir des projets durables, capables de survivre à l’épuisement des gisements.
« Si votre mine a une durée de vie de 30 ans […], qu’est-ce que nous voulons voir lorsque le dernier coup de pioche sera donné ? », a-t-il interrogé, évoquant notamment la création de hubs logistiques, de centres de recherche universitaires ou encore de pôles technologiques.
Louis Watum Kabamba a par ailleurs réaffirmé le rôle stratégique de la RDC dans la transition énergétique mondiale.
« Ce que l’Arabie saoudite était pour le monde dans les années 70, à cause du pétrole, c’est ce que la RDC est aujourd’hui pour le monde, à cause de ses minéraux stratégiques », a-t-il soutenu. Avant d’ajouter : « Nous ne devons pas rater cette opportunité et laisser les autres se servir, en faisant de nous une simple source d’approvisionnement sans création de richesses pour notre population. »
En clôture de son intervention, le ministre des mines a rappelé les cinq priorités du gouvernement pour le secteur minier : l’amélioration de la connaissance du sous-sol grâce à la cartographie géologique et géophysique, la modernisation de la gouvernance minière, le développement de la transformation locale, la mise en place d’infrastructures stratégiques — notamment dans les domaines de l’énergie, du rail, des corridors logistiques et des ports — ainsi que le renforcement de la traçabilité.
Autant de chantiers qui, selon lui, doivent permettre de transformer le potentiel géologique exceptionnel de la RDC en prospérité durable au bénéfice de la population congolaise.
Dostin Eugène LUANGE, depuis Lubumbashi