À la clôture de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week à Lubumbashi, la Chambre des Mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a placé la gouvernance au centre des prochains défis du secteur minier congolais. Pour son Président, Kasongo Bin Nassor, l’enjeu est dorénavant de faire en sorte que la RDC soit reconnue non seulement pour ses ressources, mais aussi pour la manière dont elle les valorise.
« Le monde regarde la République démocratique du Congo pour ses minerais. Faisons en sorte que demain, il la regarde aussi pour sa vision, pour la qualité de sa gouvernance, pour la solidité de ses partenariats et pour sa capacité à transformer ses ressources en une prospérité durable et partagée. C’est cette ambition qui doit continuer à nous rassembler ; c’est elle qui donnera tout son sens à notre engagement collectif », a déclaré Kasongo Bin Nassor vendredi 19 juin à Lubumbashi.
Devant les autorités provinciales du Haut-Katanga, les représentants diplomatiques et les acteurs majeurs de l’industrie minière réunis pendant trois jours autour du thème de la transformation de la RDC en plaque tournante mondiale des minéraux critiques, le Président de la Chambre des Mines a appelé le secteur à franchir une nouvelle étape qui consiste à passer d’une économie fondée principalement sur l’extraction à une industrie créatrice davantage de valeur localement.
« À l’ouverture de cette édition, nous affirmions que le véritable défi n’était plus seulement de produire davantage de minéraux, ni d’être classé premier producteur de cobalt ou deuxième producteur de cuivre, mais de transformer la position stratégique de la République démocratique du Congo en une prospérité durable pour notre pays. Les travaux de ces trois derniers jours n’ont fait que conforter cette conviction : nous avons échangé avec franchise, confronté nos analyses, partagé nos expériences et, surtout, fait émerger des pistes de solution », a-t-il indiqué.

La RDC occupe aujourd’hui une place stratégique dans l’industrie mondiale des minerais. Avec une production estimée à 3,4 millions de tonnes en 2025, la RDC reste le deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili. Le pays domine également le marché du cobalt, avec environ 230 000 tonnes produites l’année dernière, soit près de 74 % de l’offre mondiale.
Mais cette position de premier plan ne garantit pas encore une pleine création de valeur sur le territoire national. Le secteur minier représente plus de 20 % du produit intérieur brut et plus de 90 % des exportations du pays, alors que la transformation locale du cuivre et du cobalt demeure encore limitée.
C’est précisément sur cette question que la Chambre des Mines veut concentrer ses efforts : améliorer la gouvernance, renforcer la confiance entre l’État et les entreprises, développer les infrastructures, sécuriser l’approvisionnement énergétique et favoriser l’émergence d’un tissu industriel local.
« L’avenir de notre secteur ne dépendra pas uniquement de l’abondance de nos ressources ; il dépendra de notre capacité collective à bâtir un environnement stable, prévisible et compétitif, à renforcer la confiance des investisseurs comme celle qui lie les pouvoirs publics et l’ensemble des parties prenantes. Il dépendra de notre aptitude à développer nos infrastructures, à garantir une énergie fiable, à former notre jeunesse et à accompagner l’émergence d’un tissu industriel local plus fort. Autrement dit, il dépendra de notre volonté d’agir ensemble », a insisté le président de la Chambre des Mines.
La Chambre des Mines est l’organe spécialisé de la FEC qui regroupe les principales entreprises du secteur minier. Elle se positionne comme un cadre de dialogue entre les opérateurs privés et les pouvoirs publics.
Kasongo Bin Nassor, cadre de Tenke Fungurume Mining (groupe CMOC) et membre du comité exécutif de l’ITIE-RDC, élu président de la Chambre en avril 2025 pour un mandat de deux ans, a réaffirmé la volonté de l’organisation de rester une force de proposition dans l’accompagnement des réformes du secteur.
Un positionnement qui rejoint celui du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ancien président de la Chambre des Mines, qui plaide pour une participation accrue des Congolais dans la chaîne de valeur minière.
Pour la Chambre des Mines, la réussite de cette transformation dépendra désormais de la capacité des acteurs à passer des discours aux réalisations concrètes.
Dostin Eugène LUANGE, depuis Lubumbashi